Le futur du combat terrestre sera robotisé : êtes-vous prêts ?

“La prochaine révolution militaire ne viendra pas d’un char plus puissant, mais d’un robot plus agile.”

La guerre évolue… sans nous ?

Depuis l’invasion de l’Ukraine, les robots terrestres et les drones aériens sont devenus des éléments clés du champ de bataille. Là où hier l’homme avançait seul, aujourd’hui, ce sont des machines qui ouvrent la voie, observent, transportent, agissent.

Robot terrestre blindé équipé d’un système de déminage à l’avant, en train de labourer le sol dans une zone extérieure, illustrant un véhicule militaire téléopéré conçu pour le génie, le déminage et les opérations de terrain à haut risque.

Les drones aériens sont utilisés pour la reconnaissance, le ciblage, les frappes de précision, ou encore pour saturer l’espace tactique.

Mais les robots chenillés au sol prennent eux aussi une place croissante :

  • pour acheminer des munitions sous le feu,
  • évacuer les blessés,
  • poser ou détecter des explosifs,
  • ou servir de mules mécaniques pour soulager les troupes.

En Israël, les robots terrestres armés ou de patrouille sont testés en conditions réelles. En Corée du Sud, certains robots quadrupèdes montent déjà la garde le long de la DMZ. Les États-Unis misent massivement sur les “manned-unmanned teams”, des binômes humains-robots.

Et pendant ce temps, la France observe.

Nous avons pourtant :

  • l’expertise,
  • les entreprises,
  • les ingénieurs,
  • les besoins.

Ce qu’il nous manque ? La volonté politique de faire confiance à l’innovation française.

Un robot ne remplace pas un soldat. Il le protège.

L’image de science-fiction — celle du robot tueur — fait peur. Elle est pourtant loin de la réalité actuelle. Les robots militaires ne sont ni autonomes dans leur stratégie, ni remplaçants de l’humain. Ils sont :

  • des boucliers, capables d’entrer dans une zone irradiée, piégée ou brûlante,
  • des mules, capables de porter du matériel ou de tracter un camarade,
  • des yeux, équipés de caméras, lidars, capteurs thermiques,
  • des outils, capables de tirer, désamorcer, couper, arroser, pulvériser.

Ils décuplent les capacités humaines tout en réduisant les risques. Ils n’enlèvent ni le courage, ni la mission. Ils sauvent des vies.

La France a un écosystème robotique. Il faut l’activer.

À travers mon entreprise, Sfynx Industry, nous avons conçu plus de 15 plateformes robotiques, de 10 kg à 5 tonnes, pensées pour évoluer dans les pires environnements : décombres, terrains instables, décharges, réseaux souterrains, zones radioactives ou en feu.

Nos robots sont :

  • entièrement conçus et fabriqués en France, dans nos ateliers,
  • personnalisables par modules mission : bras, godets, caméras, lances, etc.,
  • dotés de châssis mécanosoudés très robustes, de transmissions internes brevetées,
  • capables d’intervenir en filoguidé, en pilotage à distance ou en mode autonome.

Ce n’est pas un rêve futuriste. C’est du concret, disponible, opérationnel aujourd’hui.

Le champ de bataille de demain : homme + machine

Les prochaines décennies verront se généraliser les bataillons mixtes :

  • soldats humains,
  • robots de soutien,
  • drones autonomes.
Robot Quator XTREM de Sfynx Industry, plateforme tout-terrain ultra-robuste à quatre roues jumelées, équipé de capteurs frontaux et d’un châssis renforcé, conçu pour les missions d’exploration, d’intervention et de transport dans des environnements extrêmes.

Ce nouveau triptyque opérationnel nécessitera de nouvelles formations, une doctrine d’emploi, et surtout, une culture robotique.

Le défi n’est pas seulement technologique. Il est doctrinal, humain et logistique. Nos soldats doivent apprendre à coopérer avec ces outils, à les comprendre, à les piloter. Comme un pilote apprend son avion, un artilleur apprend son canon, un opérateur devra maîtriser son robot.

Un appel clair : investir maintenant, ou subir demain

Nous devons accélérer. Car ceux qui auront les meilleurs robots n’attendront pas que nous soyons prêts.

Cela implique :

  • d’investir dans les acteurs robotiques français,
  • de tester en conditions réelles, sans attendre 10 ans de procédures,
  • de former les forces armées au pilotage, à la maintenance et à l’usage,
  • de faire confiance aux PME innovantes, plus réactives, plus audacieuses.

Ne faisons pas les erreurs du passé. La robotique terrestre est en marche, et nous avons les cartes en main pour devenir leaders européens. Encore faut-il oser avancer maintenant.

📢 A méditer

Le robot militaire n’est pas une menace. C’est un outil d’aide, de protection, d’engagement.

Il ne remplace pas le courage, mais le prolonge.

La France ne doit pas rester spectatrice d’un basculement mondial.
Le combat terrestre du futur a commencé. Sommes-nous prêts à y participer ?

✍️ Jean-Jacques Topalian

Fondateur de Sfynx Industry, ingénieur passionné de robotique de terrain depuis plus de 15 ans et plus de 50 brevets déposés.
Créateur de plateformes robotiques utilisées dans la Défense, le nucléaire, la dépollution, l’industrie.