La pollution, un combat du XXIe siècle qui exige des outils du XXIe siècle
Des microplastiques dans les océans aux sites industriels contaminés, en passant par les nappes phréatiques polluées, les zones post-incendie ou les canalisations souterraines, la pollution s’infiltre partout. Elle menace notre santé, la biodiversité et les écosystèmes entiers.
Face à cette réalité, les méthodes classiques de dépollution montrent leurs limites : elles sont coûteuses, lentes, parfois dangereuses, et peu efficaces dans les zones inaccessibles. Il faut aujourd’hui aller plus longe.
La robotique ouvre une voie nouvelle : celle d’une dépollution plus ciblée, plus rapide, plus sûre, et capable d’intervenir là où l’homme ne le peut pas.

Pourquoi des robots pour dépolluer ?
Les robots dédiés à la dépollution sont des machines autonomes ou téléopérées conçues pour intervenir dans des environnements complexes, hostiles ou inaccessibles , sans mettre de vies humaines en danger. Ils peuvent être équipés d’outils modulaires pour :
- aspirer des déchets solides ou liquides,
- détecter des substances toxiques,
- brosser, gratter ou désinfecter des surfaces,
- pulvériser des agents neutralisants,
- ramasser, tracter ou forer.
Ils sont une réponse technologique aux limites humaines dans les contextes suivants :
- rayonnements (nucléaire),
- atmosphères toxiques ou explosives,
- milieux subaquatiques ou confinés,
- longues durées d’intervention.

Exemples concrets de robots de dépollution
Chez Sfynx Industry, nous avons développé plusieurs plateformes robotiques avec pour ambition de révolutionner les opérations de nettoyage, d’inspection, de récupération et de sécurisation de sites pollués.
🔹 GAVYAL : le drone aquatique modulaire
Issu de plusieurs années de R&D, GAVYAL est un robot flottant bimoteur, constitué de deux coques en fibre de verre/carbone et d’un châssis tubulaire central. Il peut embarquer différents modules « mission » :
- filets à déchets flottants,
- pinces de saisie sous-marines (jusqu’à 100 m de profondeur),
- caméras 4K, thermiques et zoom,
- soutiens-gorge articulés pour intervention en zone immergée.
Utilisé dans les ports, les canaux, les zones sinistrées ou les lacs, il remplace les barques manuelles peu efficaces tout en apportant une précision inégalée.
🔹 ARGYROS & ARGYROS XL : les robots d’intervention de petites tailles
Ces deux plateformes polyvalentes et motorisées sont conçues pour évoluer sur des terrains irréguliers, franchir des obstacles et intervenir en souterrain.
- L’ARGYROS XL peut embarquer un godet, une brosse rotative, une tarière, une tête d’aspiration ou un canon à haute pression.
- Il peut désinfecter les conduites, ramasser des déchets toxiques, ou intervenir en zone contaminée.
Le tout en étant entièrement électrique, robuste, léger et modulaire.
🔹 ALGOR : la plateforme de nettoyage lourde
C’est une machine de plus de 500 kg, conçue pour la logistique lourde, le ramassage de déchets industriels ou le nettoyage après accident. Elle est motorisée, téléopérée, peut soulever et déplacer de gros volumes de matériaux, et là intervenir où les moteurs classiques ne peuvent pas passer.
🔹 MODULO : robot compact pour espaces restreints
Ce robot léger et démontable est capable d’aller dans des sous-sols étroits, des gaines, ou des usines encombrées. Il peut embarquer des outils de détection de pollution ou de prélèvement pour analyse.
Une nouvelle vision du nettoyage industriel et environnemental
Ces robots ne remplacent pas les opérateurs. Ils les protègent, les assistent, et augmentent leur efficacité . En robotique, on ne parle pas de remplacer l’humain, mais de l’éloigner du danger et de lui permettre de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Imaginez :
- Un feu d’usine chimique où un robot peut pulvériser un neutralisant avant que les pompiers n’interviennent.
- Un site nucléaire en démantèlement où le robot aspire des débris radioactifs.
- Un littoral pollué où un drone de surface récupère des sacs plastiques en mer, sans personnel à bord.
C’est déjà une réalité dans nos ateliers et dans certains sites pilotes.
Pourquoi ces solutions sont encore trop peu connues ?
Trois grands freins ralentissent aujourd’hui leur adoption :
- Méconnaissance des capacités réelles de ces robots par les collectivités et opérateurs.
- Manque de financement ciblé pour l’équipement en robotique de dépollution.
- Absence de doctrine ou de normes pour intégrer ces technologies dans les plans ORSEC, les protocoles post-accident ou les marchés publics.

Il est temps de structurer la filière
La France, comme l’Europe, a un potentiel énorme dans ce domaine. Mais elle est en retard. Les États-Unis ont développé des robots spécialisés post-Katrina. La Chine déploie déjà des flottes de drones nettoyeurs sur ses fleuves. Israël intègre la robotique à toutes ses interventions NRBC (nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques).
Nous avons le savoir-faire, les brevets, les machines. Il ne manque qu’une volonté stratégique.
Des actions prioritaires sont nécessaires :
- Création d’un fonds robotique environnemental,
- Intégration de ces technologies dans les appels d’offres de l’ADEME, des régions ou du ministère de l’Écologie,
- Soutien à la formation et au déploiement, via des centres comme Sfynx Robotics Academy,
- Commandes publiques pilotes pour valider l’efficacité terrain.
Des machines pour réparer notre monde
Les robots ne sont pas une solution miracle. Mais ils font partie des outils modernes capables de réduire notre impact, d’accélérer notre action, et de protéger ceux qui luttent chaque jour contre la pollution.
Ils sont une arme intelligente, modulaire et propre, au service d’un monde plus durable.
En tant qu’innovateur passionné, je suis convaincu que la robotique environnementale doit devenir une priorité nationale et européenne. Pour cela, il faut sortir du cadre classique, et oser : tester, équiper, ancien, industrialisateur.

« Jean-Jacques Topalian — entrepreneur, concepteur et acteur engagé pour une robotique au service de l’environnement. »